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🇧🇷 Brésil #3 : Ilha Grande et Paraty, résister à l'appel des sirènes

voiliershazzan
22 févr. 2025
6 min de lecture
Après les adieux à Rio, Shazzan reprend la mer vers Ilha Grande et Paraty. Mouillages sauvages, tortues, douceur de vivre et plongée dans l’histoire coloniale : la Costa Verde déploie ses charmes. Certains marins n’en sont jamais repartis… Résisterons-nous à l’appel des sirènes ?


À un moment, il a bien fallu quitter Rio et croyez-moi, les yeux étaient embués et les embrassades chaleureuses lorsque nous avons dit au revoir à nos amis cariocas... Mais ainsi va la vie du marin et, comme nous le rappelle souvent notre amie Lisa en citant Paulo Coelho : « Le bateau est en sécurité dans le port. Mais ce n'est pas pour cela que les bateaux ont été construits. »


Alors, l'appel de la mer se fait plus prégnant, l'envie de découverte grandit et nous larguons les amarres. Après avoir jeté un dernier regard ému sur le lieu que nous quittons, et même si nous laissons un petit bout de notre cœur dans notre sillage, nous tournons de nouveau nos yeux vers le large !



Derniers jours à Rio avec Rosalie et Clémentine

Mais avant ce départ, nous avons accueilli deux jeunes baroudeuses, Rosalie, la fille de Cathy (la maîtresse de Roubaix dont les élèves suivent Shazzan depuis quelques années), et l'une de ses amies, Clémentine.


Mais des capitaines au fond du lit !

Les pauvres, quel piteux accueil nous leur avons réservé ! Lors de leur arrivée, nous étions tous les deux au fond du lit avec une intoxication alimentaire sévère.


Dominique dégustant des huîtres dans un restaurant de Rio de Janeiro
Tout avait pourtant bien commencé !

Nous qui mangeons n'importe où dans la rue, dans des gargotes locales, nous n'avions jusque-là rien attrapé... pas même un petit gargouillis ou une minuscule tourista. Mais là, nous avons chopé une vraie petite saleté !


Le comble, c'est que nous sommes tombés malades en dînant dans un restaurant un peu chic tenu par un Français et on ne saura jamais si ce sont les huîtres ou les moules qui nous ont refilé l'intrus.


Bon, je vous passe les détails peu ragoûtants mais pendant 48h, on a bien dégusté !!! Heureusement qu'il y a deux cabinets de toilette sur Shazzan !




Deux invitées joyeuses et motivées à bord

Nos deux jeunes équipières sont arrivées à bord avec dans leur sac à dos toute l'énergie de la jeunesse et toute la soif de découverte des voyageurs curieux.


  • Rosalie et Clémentine devant le Christ Rédempteur à Rio
  • Rosalie, Clémentine, Christine et Dominique à bord de Shazzan
  • Soirée avec Maria dans le centre de Rio de Janeiro
  • Escadaria Selarón illuminée la nuit à Rio
  • Rosalie et Clémentine à bord de Chloroquina avec Dominique
  • Clémentine, Christine et Dominique dans une rue de Rio
Reconnaissez-vous Chloroquina ?

Pendant que nous préparions Shazzan pour le départ, elles ont visité Rio et Maria nous a tous entraînés dans une balade nocturne du centre.


C'est parti pour Ilha Grande et Paraty... malheureusement sans Rosalie

Malheureusement, Rosalie a été contrainte de retourner en France précipitamment. C'est donc à trois et après une formation à la sécurité de Clémentine, qui a aussi souhaité monter au mât, que nous avons pointé l'étrave vers le sud avec pour première destination la Costa Verde !


  • Clémentine en haut du mât de Shazzan
  • Formation sécurité de Clémentine à bord de Shazzan
  • Clémentine, Christine et Dominique au moment du départ de nuit de Rio
  • Shazzan sous voile en route vers Ilha Grande
Formation et montée au mât de Clémentine - Départ dans la nuit et navigation

Nous sommes partis dans la nuit pour arriver à Ilha Grande en fin d'après-midi. Ce fut une belle journée, en bonne partie sous voiles... sauf pour Clémentine qui, elle, a dû s'amariner !



Ilha Grande et son archipel

Il se dit que la zone autour d'Ilha Grande et Paraty ne compte pas moins de 365 îles. Nous avions donc le choix... mais pas assez de temps pour toutes les visiter ! Nous avons choisi de nous concentrer sur Ilha Grande.


Une île au sombre passé

Sur Ilha Grande, pas de véhicule motorisé, juste quelques villages et un décor qui appelle à la douceur de vivre... Pourtant, autrefois, Ilha Grande avait plutôt des allures d'enfer. L'île a connu les corsaires, les épidémies, un lazaret où étaient placés en quarantaine les voyageurs soupçonnés de maladies contagieuses et, surtout, plusieurs établissements pénitentiaires.


Dans les années 1940, l'ancien lazaret fut transformé en Colonie pénitentiaire Cândido Mendes. Ilha Grande accueillit aussi bien des détenus de droit commun que des prisonniers politiques. Pendant des décennies, les prisons contribuèrent ainsi à maintenir l'île à l'écart du développement touristique qui transformait le littoral voisin. Le dernier pénitencier ne ferma définitivement ses portes qu'en 1994. Et, ironie de l'histoire, cet isolement forcé a sans doute contribué à préserver une bonne partie du petit paradis que nous découvrions aujourd'hui !


La dolce vita à la brésilienne

Lors de notre arrivée au mouillage de Lopes Mendes, nous nous sommes sentis comme des aventuriers découvrant une terre vierge. Bercés par le doux clapotis de Neptune, nos yeux hésitaient entre le blanc d'une longue plage de sable, le vert de la forêt luxuriante qui frangeait la large baie où nous étions ancrés et le bleu profond du large, tout juste strié de quelques lignes d'écume à l'horizon...


Je ne sais pas si c'est parce que nous y étions hors saison touristique mais nous avons passé la soirée et la nuit seuls dans ce lieu paradisiaque !


  • Mouillage sauvage à Ilha Grande au coucher du soleil
  • Plage de sable blanc à Ilha Grande
  • Baignade dans les eaux d’Ilha Grande
  • Christine et Dominique sur la plade de Lopes Mendes à Ilha Grandede
  • Coucher de soleil sur Ilha Grande
  • Shazzan naviguant au moteur autour d’Ilha Grande
  • Apéritif lors d'une balade à terre à Ilha Grande
  • Tortue marine observée dans les eaux d’Ilha Grande
  • Clémentine, Christine et Dominique à bord de Shazzan
  • Coucher de soleil sur le mouillage d’Ilha Grande
  • Clémentine à la barre de Shazzan
  • Ciel d’orage au large d’Ilha Grande

Alors, autant vous dire que nous en avons bien profité ! Chaque jour, équipés de nos palmes, masques et tubas, nous allions observer les tortues ! Et même si les eaux n'étaient pas aussi cristallines qu'aux Bahamas, la température de la mer et leur présence habituelle nous ont enchantés et motivés pour de longues randonnées palmées !


Oui, nous avons profité ! Nous avons chillé, bouquiné, partagé des apéros sur la plage, dîné chez des amis de Weber et Myriam, joué aux dés... et dégusté les excellents gâteaux préparés par notre invitée qui s'est avérée être, en plus d'une personne très agréable à vivre, une as de la pâtisserie... Par contre, nous avons fait beaucoup, beaucoup de moteur car le vent était parti, lui aussi, en vacances !


À la découverte de Lagoa Verde

Merci à Clémentine qui, en professionnelle qu'elle est, nous a monté cette jolie vidéo avec les images de drone captées par Dominique.



À Angra dos Reis, Clémentine a repris son voyage terrestre tandis que Shazzan et ses capitaines poursuivaient leur voyage maritime vers le sud, avec encore quelques mouillages à découvrir avant de rejoindre Paraty...


Paraty : une plongée dans l'époque coloniale


Un lieu d'habitation qui existait bien avant l'arrivée des Portugais

On lit souvent que Paraty a été « fondée » en 1667. En réalité, cette date correspond à sa reconnaissance officielle comme ville par les autorités portugaises et la région était habitée bien avant leur arrivée, notamment par les Guaianás. Ça m'exaspère toujours un peu quand, dans Wikipédia ou dans les guides touristiques, on lit « La ville a été fondée... », comme si personne ne vivait sur ces terres avant l'arrivée des colons !!!


De l’or, de la cachaça et du café

À la fin du XVIIe siècle, la découverte d’or dans le Minas Gerais va changer le destin de Paraty. Son port devient le débouché de la Route de l’Or : les métaux précieux y transitent avant de partir vers l’Europe tandis que des esclaves africains y débarquent avant d’être envoyés vers les mines. C’est à cette époque que la ville se développe et que sont construites une grande partie de ses églises et demeures coloniales. Mais de nouvelles routes reliant plus directement les régions minières à Rio détournent progressivement le trafic et Paraty perd de son importance.


Carte postale ancienne du centre historique de Paraty et de l’église Santa Rita
Le centre historique et l'église Santa Rita à Paraty (Source : carte postale d'archive / Domaine public)

La belle n’a pourtant pas dit son dernier mot ! Aux XVIIIe et XIXe siècles, la canne à sucre et surtout la production de cachaça lui redonnent de l’activité. Puis vient le café cultivé dans la vallée du Paraíba qui transite lui aussi par son port.



« Indiens dans une plantation », œuvre de Johann Moritz Rugendas vers 1824
"Indiens dans une plantation", Johann Moritz Rugendas, vers 1824.

Au XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer reliant Rio à São Paulo, puis l’abolition de l’esclavage en 1888, vont à nouveau isoler Paraty. Un isolement qui aura au moins une conséquence heureuse : pendant des décennies, la ville change peu et conserve une grande partie de son architecture coloniale.


Immersion dans la carte postale

Immersion dans l’histoire certes, mais une immersion qui se fait parfois les pieds dans l’eau car la marée envahit deux fois par jour les rues pavées du centre historique... Et non, ce n’est pas dû à un affaissement du terrain ou à une erreur de conception !


  • Rues pavées du centre historique de Paraty la nuit
  • Maisons coloniales illuminées dans le centre historique de Paraty
  • Église du centre historique de Paraty
  • Rue de Paraty envahie par l’eau à marée haute
  • Église et place du centre historique de Paraty

Selon l’explication traditionnellement donnée, la ville aurait été conçue pour laisser la marée envahir certaines rues de manière contrôlée et évacuer ainsi les eaux usées et les déchets que les habitants y jetaient. On est bien d’accord que ce n’est pas très écolo (même si, à l’époque, le plastique n’existait pas !) mais cela limitait probablement les risques d’épidémies qu’aurait générés toute cette insalubrité sous un climat tropical !

Du coup, les trottoirs étaient très hauts pour que ces messieurs-dames ne pataugent pas trop et les bâtiments surélevés pour les protéger de l’eau.


Paraty, une sirène qui retient les marins

Lors de notre escale à Paraty, nous avons rencontré plusieurs marins français parmi lesquels Yves, le capitaine de Fleur de Houle... qui nous a rejoints plus tard à Juan Lacaze en Uruguay !


D'autres marins étaient là depuis très longtemps, des années pour certains. Paraty les avait pris dans ses filets de douceur de vivre, harponnés avec ses hameçons de carte postale et ensorcelés par le doux chant de ses vents légers... Certains restaient là en toute illégalité, vivant en hébergeant quelques touristes de passage, et même s'ils racontaient leurs hauts faits de mer avec quelques étoiles dans les yeux, on ressentait que leur désir d'aller voir au-delà de l'horizon s'était perdu un peu plus à chaque marée et à chaque saison...


Shazzan quittant Paraty pour poursuivre sa route vers le sud

Mais les capitaines de Shazzan ont résisté à l'appel des sirènes et ils ont repris la route qui les emmènera jusqu'à... nous verrons bien !


Déjà, dans un premier temps, descendre la côte brésilienne jusqu'en Uruguay, puis remonter le Rio de la Plata.

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© 2026 Jamais tout droit avec Shazzan

Crédit photo : Shazzan, Machin Truc, Violaine Parcot, Clémentine Caillat, Lisa Sérignac, Aline Béraud, Boris Hierro, Jeremy Blanchard... et ceux que j'oublie !

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