🇨🇴 Colombie #1 : Carthagène des Indes
Dernière mise à jour : il y a 8 heures
De Carthagène des Indes aux îles de Rosario, en passant par le marché de Bazurto et Barú : premiers pas dans une Colombie colorée, vivante et surprenante.

Nous allons vous proposer une série d’articles pour vous faire découvrir la Colombie, un pays qui nous a vraiment emballés ! Première étape, la région de Carthagène des Indes, la belle Cartagena de Indias où notre Shazzan est resté de mi-août à début décembre 2023.
La Colombie, un pays bien loin de l’image que nous en avons généralement en France car c’est un pays moderne, accueillant et globalement tranquille, même s’il y a, notamment sur la côte Pacifique et dans certaines régions isolées, des zones où les groupes armés et les trafics génèrent de la criminalité et de la violence.

Nous avons mis Shazzan en sécurité à la marina car même si la zone est abritée des cyclones, y sévissent des coups de vent orageux et subits appelés Culs de Poulet !
Nous en avons profité pour visiter le pays, la Sierra Nevada et l’archipel de Rosario avec nos amis de longue date, Alain et Brigitte, qui nous ont rejoints pour trois semaines.
Nous sommes ensuite partis tous les deux pour un trip qui nous a conduits en Amazonie, à Bogota, dans la région appelée "axe du café", le désert de Tatacoa et pour finir à Medellin.
Les archipels San Bernardo et Rosario
Tintipan et Santa Cruz del Islote
En venant de Panama, nous nous sommes arrêtés dans l'archipel de San Bernardo, l'occasion de visiter Santa Cruz del Islote, l'une des îles les plus densément peuplées du monde.

Cette île, qui fait à peine la taille de deux terrains de football, comptait 485 habitants résidents lors d'un recensement réalisé en 2016, soit une densité de plus de 40 000 habitants au km² ! À titre de comparaison, Paris compte environ 20 000 habitants au km² et Monaco autour de 19 000.
Les chiffres varient selon les sources et les années, mais Santa Cruz del Islote reste l'une des îles les plus densément peuplées du monde.
Les îles de Rosario
Nous sommes retournés quelques jours avec Alain et Brigitte dans l'archipel de Rosario...

L'occasion de leur faire découvrir la navigation, le bonheur du vent dans les voiles...

L'occasion de faire des mouillages dans les eaux cristallines et de partir à terre siroter un cocktail en fin d'après-midi...

L'occasion aussi de faire une randonnée palmée avec Alain avec qui nous avons autrefois beaucoup plongé, en lac, en mer, en rivière, en Méditerranée, aux Antilles, en Bretagne... Vous dire, c'est lui qui m'a fait découvrir la plongée lors d'un baptême... en piscine !
La ville de Carthagène des Indes
Une cité marquée par la traite négrière et son passé colonial
Rien que le nom fait rêver, n’est-ce pas ? On imagine une ville exotique en pleine nature…
Que nenni, car même si le centre historique est magnifique avec ses jolies demeures anciennes à l'abri de ses fortifications, c’est bien une skyline qui borde sa baie quasi fermée où se côtoient voiliers, bateaux de touristes et cargos du monde entier.

Déjà, à l’époque de la colonisation espagnole, sa rade, du fait de sa situation stratégique (très abritée, spacieuse et ouvrant la porte de l’Amérique du Sud) recevait de nombreux galions qui déchargeaient des milliers d'Africains réduits en esclavage et repartaient chargés notamment d'or et d'autres richesses tirées des territoires colonisés.
Le centre historique garde les traces de cette époque où notables et commerçants, s’enrichissant sur ce sombre trafic, habitaient de belles demeures bien à l’abri sous la double protection des remparts et des nombreux clochers d’église.

Même si le jésuite Pierre Claver s’est attaché à améliorer le sort des esclaves, on ne peut vraiment pas dire que le clergé de l’époque a œuvré pour la sauvegarde et le respect des peuples autochtones et de ceux réduits en esclavage. La christianisation s'est aussi traduite par une forme de négation de leurs croyances et la destruction de certains de leurs lieux de culte, remplacés par des édifices catholiques. Ce fut notamment le cas au couvent de la Popa, juché sur la colline qui domine la cité, où un ancien lieu de culte fut détruit et son culte remplacé par celui de la Vierge de la Candelaria.
En savoir plus sur le couvent de la Popa https://nuevalengua.com/fr/J%27aime-Carthag%C3%A8ne-pour-son-histoire/ ).
Un centre historique très (trop ?) touristique
Se balader en ville est vraiment très agréable : un labyrinthe de rues pavées, des petites places ombragées, des balcons de bois enlacés de bougainvilliers, des représentations de danses locales (cumbia, champeta…), des promenades en calèche, des marchands ambulants proposant des petits sachets de fruits frais ou la fameuse limonada con agua…
Église et architecture coloniale dans le centre historique de Carthagène des Indes Rue fleurie aux façades colorées dans le quartier de Getsemaní à Carthagène des Indes Danseuses en costume traditionnel dans les rues de Carthagène des Indes Vendeuse ambulante de fruits devant les remparts de Carthagène des Indes Christine, Dominique, Alain et Brigitte au Café del Mar au coucher du soleil à Carthagène des Indes Vendeur ambulant de limonada dans le centre historique de Carthagène des Indes
Tout un programme qui vous évoquera immanquablement l’architecture espagnole même si le nombre de touristes gâche un peu le plaisir ! La journée peut se terminer par la dégustation d’une piña colada en admirant le coucher de soleil au Café del mar et se prolonger par une session salsa au bar Donde Fidel !
Deuxième option, une promenade au parc du Centenario pour flâner en cherchant les paresseux qui s'y cachent et une déambulation dans le quartier de Getsemaní avec ses fresques murales et ses galeries de peinture.
Aquarelle d'Alain Colin représentant un peintre devant des fresques murales à Getsemaní, Carthagène Aquarelle d'Alain Colin représentant un artiste peignant une fresque dans le quartier de Getsemaní Aquarelle d'Alain Colin représentant un peintre au travail dans une rue de Getsemaní Aquarelle d'Alain Colin représentant une fresque murale et son artiste dans le quartier de Getsemaní
Les peintres de Getsemaní - Carnet de Voyage réalisé par Alain Colin® 2023
Une immersion sensorielle et avant-gardiste au marché de Bazurto
Le marché de Bazurto est comme un immense souk populaire et de fait, une véritable Samaritaine (pour les plus jeunes, cela signifie qu’on y trouve de tout) !
Ici, peu de touristes, et les rares que l’on y croise, trottinent collés à leur guide, les mains crispées protégeant leur sac à dos bien serré contre leur ventre, l’œil suspicieux scrutant les gens pour y repérer la présence d’un potentiel voleur, la moue sceptique voire dégoûtée devant les cuisines en plein air et les étals non réfrigérés ! Quel dommage, car déambuler dans le marché, c’est s’immerger dans la vie locale, rencontrer de "vrais gens", échanger avec eux pour peu que vous parliez espagnol.
C’est une sollicitation de tous les sens, avec les couleurs des étals de fruits, de légumes, d’étoffes, les effluves puissantes des marchés aux poissons et de la viande, les parfums alléchants des oignons grésillant dans la poêle avant de finir dans un tamal ou une arepa…
Vous pourrez vous poser et profiter de la fraîcheur d’une limonada (celles à la mûre sont incomparables), les oreilles saturées des marchandages à voix forte ! Vous y trouvez de tout, de l’alimentation, des chaussures, les fameuses mochilas (sacs en tissu, spécialités du pays), de la quincaillerie, de l’électroménager, des vêtements, de la mercerie, des cosmétiques, des peintres en lettres et même des coiffeurs pour dames !
Si vous avez besoin d’une pièce détachée pour votre frigo, votre mobylette ou votre n’importe-quoi, Bazurto est "the place to go" : vous y trouverez rapidement la pièce rare car le marché est organisé en zones dédiées à un type de produit et chaque commerçant vous orientera vers le confrère le plus susceptible de répondre à votre demande !
Pour en revenir aux coiffeurs de ces dames, en regardant les photos, vous comprendrez que je vais être moins positive sur ce sujet ! J’aurais dû me douter que ce n’était pas la meilleure idée de l’année de me faire couper les cheveux à Bazurto quand la première coiffeuse sollicitée a refusé de me prendre car mes cheveux étaient courts ! De plus, toutes les Colombiennes ayant les cheveux longs, j’aurais bien dû en déduire que les as de la brosse et du peigne avaient probablement focalisé leurs compétences sur les chignons, les queues de cheval et non sur les coupes à la garçonne ! Mais non, j’ai persisté, souri quand une téméraire coiffeuse a fait crisser sa paire de ciseaux sur ma nuque, mais carrément blanchi au fur et à mesure que j’assistais à la création d’une œuvre capillaire absolument avant-gardiste avec échelles en tout genre, frange de moins de deux centimètres et compromis aléatoire entre oreilles dégagées ou non !
Coupe de cheveux très approximative réalisée au marché de Bazurto à Carthagène Christine chez une coiffeuse du marché de Bazurto à Carthagène Résultat très avant-gardiste de ma coupe de cheveux au marché de Bazurto à Carthagène 😄
Mais bon, cela nous a valu une franche partie de rigolade et puis, les cheveux, ça repousse (même si j’ai pu constater que la croissance capillaire n’est pas aussi rapide que ce que je pensais !)
Une marina dans une ville les pieds dans l’eau
Nous sommes donc restés à Carthagène plusieurs mois, un peu au mouillage puis quelques semaines au Club de Pesca et la majorité du séjour au Club Náutico, cette marina étant moins classe donc moins onéreuse. Les deux marinas étaient bien situées avec un personnel compétent et agréable… Comme toujours en Colombie, on ressent la joie de vivre de la population, les marineros passent sur le ponton en chantonnant ou en sifflant, tout le monde vous salue avec un sourire…
Mais nous sommes en Colombie, dans une zone où les touristes ont envie de prendre du bon temps ! Alors, tous les soirs et pendant une bonne partie de la nuit, de nombreuses embarcations surmotorisées sillonnent la rade avec leur cargaison de fêtards survoltés par la musique latino et les mojitos. Comme ils passent absolument tous devant la marina à fond de vitesse et de décibels, Shazzan danse lui aussi la salsa et autre bachata... et nous, on ne dort pas !

Mais, ici comme ailleurs, on commence à ressentir les effets de la montée des eaux ! La rue jouxtant la marina est inondée à chaque marée et tous les locaux s'accordent à dire que le phénomène s'amplifie au fil du temps.
Et ce n'est pas seulement la mer qui monte : Carthagène s'enfonce également peu à peu en raison de phénomènes géologiques naturels liés notamment à la tectonique et à la nature de son sous-sol, ce qui accentue encore la montée des eaux par rapport à la ville.
La péninsule de Barù et tous ses « oiseaux »
Tout en couleurs à l’Aviario Nacional
La Colombie est l’un des pays possédant la plus grande biodiversité au monde. Pour les oiseaux, elle détient même le record mondial avec 1 966 espèces recensées en 2023 ! Parmi elles, on compte une incroyable diversité de colibris, toucans, aras et perroquets.
Paon au plumage coloré à l'Aviario Nacional de Colombia Toucan à l'Aviario Nacional de Colombia Toucan à l'Aviario Nacional de Colombia Perroquet vert à l'Aviario Nacional de Colombia Oiseau noir huppé à l'Aviario Nacional de Colombia Ara bleu et jaune à l'Aviario Nacional de Colombia
Pour cette première observation d’oiseaux, nous nous sommes rendus avec Alain et Brigitte à l'Aviario Nacional de Colombia, qui permet de se faire une bonne idée de cette richesse ornithologique.
Tout collés-serrés à Playa-Blanca
Pour la suite de cette journée à Barú, nous avons décidé de suivre l’exemple des Colombiens en vacances dans le coin : se prélasser à Playa Blanca… enfin se prélasser, c’est vite dit !
Avant même d’y arriver, vous êtes sollicités par des motocyclistes qui vous proposent de vous guider, ce qui ne vous sert absolument à rien mais leur permet de gagner quelques pesos ! Après une route chaotique, vous voilà pris en main par des gardiens de parking qui gèrent le mikado de voitures en optimisant le puzzle afin d’en stocker un maximum !

Nous avions imaginé une longue plage de sable blanc caressée par des eaux turquoise... mais, il est difficile d’apprécier les couleurs de la plage et de la mer compte tenu du nombre de parasols, tables, chaises, têtes, jambes, ventres, bateaux à moteur, barques encombrant l’espace !

Pour le côté détente, ce n'est pas gagné entre les harangues des vendeurs ambulants, les moteurs de bateaux et comme toujours les décibels crachés par des mégaphones ou autres haut-parleurs chantant l’amour !
Malgré cette ambiance de « fête foraine », nous avons vécu un super moment grâce au petit David, qui est venu nous aborder pendant notre baignade pour savoir de quel pays on venait…

Son papa s’est approché et nous avons commencé à échanger, tant et si bien, que la petite famille, Edward le papa et Deyanira, la maman nous ont invités à venir les voir à Bogota, ce que, vous vous en doutez, nous avons accepté avec plaisir (affaire à suivre !)
Tout énervés à plumes ou à poils
Nous avons fini la journée à Barú où une envie de bière fraîche nous a conduits dans un bar.
Nous étions loin d'imaginer qu'en poussant la porte, nous allions nous retrouver au beau milieu de combats de coqs ! Franchement, nous avons tenu moins de dix minutes car l’excitation des gens vociférant autour de l’arène, le sang giclant du cou de ces pauvres volatiles armés de lames sur leurs ergots m’ont heurtée !

J’entends les arguments de ceux qui expliquent que ces combats appartiennent depuis longtemps à la culture et aux traditions de certaines régions, mais non, définitivement, non, pour moi c’est insupportable !



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